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Publié le 21 Janvier 2017

Chouette, une ride ! d'Agnès Abécassis

Vous ne mentirez plus jamais sur votre âge !! Anoushka est une jeune auteure de thrillers. Enfin, « jeune », c’est ce qu’elle croyait, avant qu’une succession de micro évènements humiliants se produisent dans sa vie, lui faisant brutalement prendre conscience qu’elle a déjà trente-six ans. C’est à dire techniquement, presque quarante. Donc bientôt cinquante. Elle mène, par ailleurs, une vie totalement ordinaire, entre son métier aux aspects solitaires, ses tâches ménagères barbantes, ses deux filles qui grandissent, son (second) mari toujours ronchon, et sa chienne, une adorable petite boule de poils incontinente. Engluée dans son quotidien, Anoushka étouffe et réalise combien le temps passe vite. Ses années d’insouciance sont déjà si loin… Alors, lorsque sa cousine se marie à l’autre bout du pays, c’est avec sa meilleure amie célibataire qu’elle file célébrer l’événement. Au programme, régression totale : fringues d’ados, propos indignes d’une mère de famille, et surtout envie de respirer un peu… Mais ce mariage va lui réserver bien des surprises. Elle voulait vivre de nouvelles aventures ? Elle va en avoir…

Cela faisait un sacré bout de temps que je voulais découvrir cette auteure française et j’ai profité d’un petit passage à la bibliothèque pour emprunter ce titre qui tombait à point nommée parce que pour la première fois de ma vie, j’ai commencé à ressentir que je vieillissais. Alors certes, je n’ai pas encore trente ans mais il n’empêche que quand tous tes élèves t’appellent « Madame » et que ton esthéticienne te refourgue des échantillons de crèmes anti-rides pour la première fois, eh bien ton capital jeunesse en prend un sacré coup. Du fait, ce titre tombait à pic et je m’y suis plongée avec délectation car je m’attendais à une bonne partie de rigolade.

Mais parlons un peu de l’histoire, dear readers, avant de nous lancer dans mes impressions de lecture. Ce roman se présente sous forme de journal et nous y suivons les épisodes mouvementés de la vie d’une auteure célèbre, Anoushka. Elle a tout de la femme moderne. Maman de deux jeunes filles, remariée avec un homme charmant bien que légèrement absent, elle tente, tant bien que mal de jongler entre sa vie professionnelle, sa vie familiale et la réalisation que -  Ciel ! - elle a bientôt 40 ans. L’âge fatidique. Le début de la fin.

Je ne vais pas y aller par quatre chemins. Je n’ai pas apprécié cette lecture. Je n’ai pas détesté non plus. Mais je n’ai pas aimé. Il y a beaucoup d’éléments qui m’ont gêné durant ma lecture et pour tout dire, je n’arrivais tellement pas à mettre dedans que j’ai lu deux autres romans en parallèle de cette lecture. Tout d’abord, l’histoire en elle-même est loin de m’avoir passionné. Pour tout dire, c’est même l’aspect du roman qui m’aura le plus gêné. J’ai trouvé l’ensemble sans réelle matière, il n’y a pas vraiment de fil conducteur. Franchement, un mois après ma lecture, je suis bien en veine de vous citer une scène qui m’aura marqué ou bien faire un résumé précis du récit. J’ai trouvé l’ensemble beaucoup trop fouillis et de gros moments de creux et des lenteurs m’ont vraiment empêché de profiter pleinement de ma lecture.

Et c’est bien dommage car le fond du roman : le fait de vieillir et de s’en rendre compte, est bien traité. Ce n’est pas forcément une thématique facile à aborder mais c’est fait avec humour et sensibilité sans tomber dans le cliché ni le pathos et c’est l'excellent point que j’ai pu retenir de ce roman.

Les personnages ne sauvent guère ce roman car ils souffrent du même syndrome que le récit : trop survolés, pas assez développés. Ils manquaient, à mon avis, de substance et de matière. Impossible de m’attacher à l’un dans d’entre eux et encore moins à l’héroïne que j’ai trouvé « too-much ». C’est sûrement le seul personnage (sûrement parce que c’est le personnage principal et que le récit est écrit de son point de vue à elle) qui est très développée mais elle m’est restée totalement étrangère. Je n’ai pas réussi à ressentir de l’empathie envers elle ni à véritablement l’apprécier. Les personnages secondaires sont finalement assez peu nombreux et en revanche on a pléthore de personnages tertiaires qui pullulent tout le long du roman tels des petits papillons qui se posent sur une page et repartent la suivante. C’est assez déconcertant, je dois l’avouer que je suis restée vraiment sur ma faim concernant cet aspect du récit.

Enfin quelques mots sur la plume d’Agnès Abécassis. C’est sûrement ce qui m’aura le plus pu dans ma lecture. Alors certes, j’ai trouvé que parfois l’humour était un peu trop poussé et en devenait trop caricatural mais c’est resté rare et dans l’ensemble j’ai trouvé le style de l’auteure enjoué, pétillant et très drôle. J’ai beaucoup aimé le ton parfois caustique parfois très réaliste d’Agnès Abécassis et rien que pour cette raison et même si cette lecture fut loin d’être concluante pour moi, je lirai un autre roman d’elle.

En bref, une lecture qui n’aura pas su me faire décoller. Trop survolé, tant au niveau du récit, qui manquait de profondeur qu’au niveau des personnages qui manquaient de développement, je n’ai pas su en apprécier ma lecture et j’achève ce roman en demi-teinte. J’ai apprécié le style de l’auteure et c’est le petit plus que je garderai en mémoire concernant « Chouette, une ride ! ».

Chouette, une ride ! d'Agnès Abécassis

Chouette, une ride ! d'Agnès Abécassis
Contemporain/Chick-lit - Editions Calmann-Levy - 255 pages
Où l'acheter : Chouette, une ride !

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