Un si joli conte de fées de Karen Ranney

Publié le par Evy

Un si joli conte de fées de Karen Ranney

Une rencontre, un baiser, et Tessa tombe amoureuse du duc de Kittridge. Trois ans plus tard, le conte de fées se réalise : elle l'épouse. Pourtant, le lendemain de leur nuit de noces, le prince charmant déserte sa belle pour batifoler en ville. D'office, Tessa s'installe dans la résidence londonienne de son époux qui, furieux, lui ordonne de s'en aller. Mais la jeune duchesse n'est pas aussi docile qu'il le pensait. Ils pactisent. Elle restera et, dès qu'elle tombera enceinte, elle retournera à la campagne pour se consacrer à son rôle de mère. Fine mouche, Tessa fait semblant d'accepter, alors qu'en secret elle est bien résolue à gagner coûte que coûte l'amour de son mufle d'époux.

Ces dernières semaines, j’ai enchainé les romances. J’avais besoin de lectures détente et sans prise de tête et j’avais très envie de repartir dans un univers romantique. Bref, j’ai lu trois ou quatre romances en l’espace de deux ou trois semaines et globalement, j’ai passé de bons moments…Sauf en ce qui concerne cette romance précise. Alors peut-être que j’en ai trop lu d’un coup ou peut-être que je n’étais plus dans l'état d’esprit d’apprécier ce genre de lecture mais toujours est-il que cette lecture m’a fait hausser les yeux au ciel quasiment du début à la fin et que j’ai pesté après l’auteure et les personnages pendant bon nombre de pages.

Avant toute chose, remettons un peu les choses dans leur contexte. Tessa a seize ans lorsqu’elle rencontre le duc de Kittridge pour la première fois. Il est beaucoup plus âgé qu’elle mais tout de suite, elle tombe sous le charme et à peine cinq minutes après leur première rencontre, qui a lieu dans son jardin familiale tandis qu’elle surveillait son petit frère, il l’embrasse (sans descendre de son cheval !) et la plante là pour repartir au galop. Soit. Là déjà, je sentais que ça allait moyennement me plaire. L’histoire ne brillait déjà pas pour son souci de crédibilité. Toujours est-il que Tessa est promise au duc. Pendant trois ans, elle se prend à rêver, tout en observant un portrait de son promis, à ce que serait sa vie une fois qu’il serait à lui. Le grand jour arrive enfin et Tessa épouse son prince charmant, qui, dès le lendemain de leur nuit de noces, se transforme en un ignoble crapaud et l’abandonne dans son immense propriété pour aller retrouver sa maitresse et sa vie de débauché à Londres. Mais Tessa ne compte pas en rester là et fait ses bagages pour aller récupérer son mari.

Je vais m’arrêter là pour l’introduction de l’histoire mais je pense que c’est assez caractéristique du reste de l’intrigue. L’ensemble est brouillon, très très très répétitif et surtout trop peu crédible. Certes, l’ensemble est assez fluide et la lecture se fait vite mais je n’ai pas réussi à rester complétement accroché du début à la fin.

La romance ne fonctionne pas du tout et c’est peut-être le point qui m’aura le plus dérangé dans tout ce roman. Je ne comprends pas comment l’auteure peut espérer nous faire croire qu’après tout ce que l’héroïne a subi – et là, on a vraiment le droit à un florilège de muflerie : le duc se pavane, devant elle, avec sa maîtresse, il attaque un convoi et le vole (devant elle toujours, ben oui sinon c’est pas drôle), il l’emmène passer une soirée dans une auberge mal famée où elle assiste à un combat de prostituées (je vous épargne les détails mais j’ai trouvé cette scène particulièrement glauque), ils subissent aussi le naufrage de leur navire (si, si ! Tout est possible dans ce roman) – que le couple que Tessa forme avec le duc de Kittridge peut être viable. Et c’est sûrement cela le problème. L’auteure fait tellement dans la surenchère en ce qui concerne les péripéties et les dépravations du duc que ça en devient risible et lassant. Je veux bien croire que Karen Ranney a voulu nous dépeindre un portrait peu flatteur du duc pour que sa rédemption soit encore plus marquante mais trop c’est trop. Et surtout, ça ne rend pas service à la romance qui, de fait, est tout sauf passionnante ni crédible.

Parlons un peu des personnages. Là encore ils sont largement desservis par l’intrigue. Le duc de Kittridge m’est apparu, au fil des pages, un être presque détestable et égocentrique. J’ai passé le trois-quart du roman à avoir envie de le baffer, c’est dire ! Tessa n’est malheureusement guère plus convaincante. Trop bavarde, trop versatile, trop niaise aussi parfois, j’ai eu beaucoup de mal à voir une quelconque cohérence chez ce personnage. Résultat, aucun des deux héros n’aura su me plaire. Le seul point positif concernant cet aspect du roman reste les personnages secondaires (la famille de Tessa, les domestiques ainsi que l’oncle de Kittridge), qui, bien dépeints, sont très attachants et drôles.

Pour finir, quelques mots sur le style de l'auteure. Assez fluide, l'ensemble se lit vite. On regretta quelques longueurs et surtout les répétitifs de situations mais également de style (certaines tournures de phrases reviennent souvent. Mais cela peut aussi venir de la traduction donc je ne vais pas m'attarder dessus). Rien de bien transcendant de ce côté là non plus malheureusement...

En bref, une histoire sans grande intérêt. Une romance qui ne fonctionne pas et l'auteure en fait tellement trop que l'on décroche vite de cette histoire. Vite lue, vite oubliée, cette lecture reste très très décevante.

Un si joli conte de fées de Karen Ranney
Editions J'ai Lu pour elle - 376 pages
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