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Publié le 9 Avril 2017

Mille femmes blanches de Jim Fergus

En 1874, à Washington, le président américain Grant accepte dans le plus grand secret la proposition incroyable du chef indien Little Wolf: troquer mille femmes blanches contre chevaux et bisons pour favoriser l'intégration du périple indien. Si quelques femmes se portent volontaires, la plupart des "Mille femmes" viennent en réalité des pénitenciers et des asiles de tous les États-Unis d'Amérique... Parvenue dans les contrées reculées du Nebraska, l'une d'entre elles, May Dodd, apprend alors sa nouvelle vie de squaw et les rites inconnus des Indiens. Mariée à un puissant guerrier, elle découvre les combats violents entre tribus et les ravages provoqués par l'alcool. Aux côtés de femmes de toutes origines, May Dodd assiste alors à la lente agonie de soi, peuple d'adoption...

Ce livre est dans ma PAL depuis des années. Je n'en avais entendu que du bien et je savais que c'était à roman à voir lu au moins une fois dans sa vie. J’ai trainé un peu des pieds mais j’ai fini par le sortir de ma PAL il y a quelques temps, voulant lire autre chose que ce que je lisais habituellement (Romance, jeunesse, fantastique…). Je ne vais pas y aller par quatre chemins, j’ai adoré cette lecture, je l’ai dévoré mais ce ne fut pas un coup de cœur comme a pu l’être Marie Blanche du même auteur, que j’ai lu, il y a quelques années.

May Dodd est une jeune femme qui a été internée par sa famille. Est-elle folle ? Oh que non ! Son seul tort réside dans le fait de vivre hors des lois du mariage avec un homme avec lequel elle a eu deux enfants. Mais en 1874, c’est une raison suffisante pour l’enfermer dans un asile. Aussi May accepte tout de suite une porte de sortie en l’arrivée de l’armée américaine qui cherche à recruter des femmes pour épouser des Indiens et pacifier leurs relations tendues avec eux. May était loin de s’imaginer qu’elle allait découvrir un monde sauvage et fascinant qu’elle apprendrait bientôt à aimer comme le sien.

Une fois n’est pas coutume, je vais d’abord vous parler du style de l’auteur. Jim Fergus est un écrivain dont la plume est absolument savoureuse. Je n’ai pas d’autre mot. Chaque page est un vrai régal pour quiconque aime les belles lettres et j’avoue qu’il m’a, à nouveau, bluffé par ses talents de conteur. L’espace de quelques heures de lecture, j’étais complétement immergée dans le récit. J’étais revenue dans le temps, à la fin du 19ème siècle et j’avais l’impression d’être physiquement présente aux côtés de May pour la découverte de l’univers des Indiens d’Amérique. A nouveau un beau coup de cœur pour cette plume à savourer.

Pour ce qui est de l’histoire en elle-même, j’ai beaucoup aimé la forme de journal que prend le récit. J’ai trouvé que ça apportait un petit aspect authentique au roman et plusieurs fois, je me suis même demandé si ce n’était pas adapté d’un vrai journal de bord d’une américaine. L’auteur donne beaucoup de détails en ce qui concerne le monde des Indiens, le voyage de May, son adaptation dans la tribu et c’est un grand plus car on a vraiment l’impression d’y être. Je dirai même plus, j’avais parfois la sensation de visionner un documentaire tant l’ensemble est graphique et extrêmement bien documenté. La découverte du monde Amérindien a été pour moi une première car j’avoue que c’est une période de l’histoire américaine qui ne m’intéresse pas tellement et pourtant j’ai adoré découvrir les mœurs, coutumes et habitudes de ces peuples.

Pour ce qui est de la partie plus « fictionelle » du récit, là encore rien à dire. L’ensemble tient la route et tient le lecteur en haleine du début à la fin du roman. J’émets juste quelques réserves concernant certaines longueurs que j’ai pu ressentir à la lecture. Comme je l’ai déjà dit, Jim Fergus donne beaucoup de détails sur la vie quotidienne de May et cela donne parfois des pages et des pages de descriptions, qui, si elles n’en restent pas moins intéressantes à lire, ont eu tendance à faire retomber un peu la tension dramatique par moment.

Pour ce qui est des personnages, Jim Fergus a, à nouveau, frappé fort avec des personnalités riches et controversées mais très attachantes. Chacune des femmes que l’on suit dans ce roman a su me plaire à sa façon et je lirai avec plaisir la suite de cette saga qui met en scène deux d’entre elles. Mais là encore un petit bémol. J’ai parfois trouvé que certains personnages étaient un peu trop caricaturaux. Je pense notamment à May qui, finalement, ne fut pas mon personnage préféré car avec toutes les épreuves qu’elle traverse, je n’ai pas compris son optimiste et certaines de ses décisions (notamment en ce qui concerne son amant de l’armée au début du roman). Néanmoins, l’auteur nous offre une belle palette de personnages féminins et masculins particulièrement hauts en couleur mais donne la part belle à ces femmes extrêmement courageuses. De très très beaux portraits de femmes à découvrir !

Mille femmes blanches restera une lecture marquante. Que ce soit concernant le sujet traité (quand on sait que cette fiction est tiré d’un fait historique avéré, cela fait froid dans le dos), le récit en lui-même, passionnant et superbement bien écrit ou encore concernant les personnages qui nous entrainent dans leurs aventures sans même s’en rendre compte. Une lecture poignante et addictive. Un roman à lire et à relire ! 

Mille femmes blanches de Jim Fergus

Mille femmes blanches de Jim Fergus
Titre VO : One thousand white women
Historique - Editions Pocket - 495 pages
Où l'acheter : Mille femmes blanches

D'autre(s) roman(s) de cet auteur :
Marie-Blanche

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Rédigé par Evy

Publié dans #L'étagère des romans historiques, #Jim Fergus

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Publié le 9 Mai 2011

Marie Blanche de Jim Fergus

Une inoubliable fresque familiale à travers un siècle et trois continents : l'auteur de Mille femmes blanches confirme son exceptionnel talent de conteur et nous offre un chef-d'oeuvre.
1995, région des Grands Lacs. Jim Fergus rend visite à sa grand-mère, Renée, 96 ans. Fille d'aristocrates français désargentés, mariée trois fois, celle-ci a connu un destin hors du commun, qui l'a menée de son petit village natal de la région de Senlis jusqu'aux États-Unis, en passant par les sables de l'Égypte. D'un caractère entier, froide et tyrannique, elle a brisé la vie de sa famille, en particulier celle de sa propre fille, Marie-Blanche, la mère de Jim. Pour essayer de la comprendre, et peut-être de lui pardonner, celui-ci va tenter de retracer son parcours.
En parallèle, à travers le journal intime de sa mère, l'écrivain nous fait entrer dans l'intimité de celle-ci. Internée en 1966 dans un asile de Lausanne, Marie-Blanche se souvient de sa vie, commencée comme un conte de fées mais qui prit peu à peu des allures de tragédie.
Jim Fergus s'inspire ici de son histoire personnelle pour nous offrir une saga familiale bouleversante. À la façon de Dalva, de Jim Harrison, il inscrit l'intime dans l'Histoire et nous présente d'inoubliables portraits de femmes dans la tourmente. On retrouve surtout dans cette fresque qui s'étend sur un siècle et trois continents toute la puissance romanesque de l'auteur de Mille femmes blanches associée à une force d'émotion rare.

J'ai eu la chance de recevoir ce livre en avant-première de la part de Solène des éditions Le cherche-midi, que je remercie chaleureusement. Adorant les sagas familiales et n'en n'ayant pas lu depuis des mois voire des années, j'étais ravie à l'idée de me plonger dans celle-ci qui s'annonçait dépaysante et captivante.

Marie Blanche nous conte l'histoire non d'une (comme le titre l'indiquait) mais de deux femmes au destin hors du commun : Rénée, née en 1899, elle est la fille d'un comte français et se montrera toute sa vie d'une détermination sans faille pour obtenir ce qu'elle veut et Marie-Blanche, sa fille, personnage troublé qui peinera à trouver sa voix dans le monde. Ces deux récits nous entraînent sur trois continents : l'Afrique (avec l'Egypte), l'Europe (la France et l'Angleterre) et enfin l'Amérique (avec les Etats-Unis).

Au début, je l'avoue, j'ai eu peur quand j'ai vu arriver ce petit pavé dans ma boite aux lettres. Je me disais : "oh la la mais je vais mettre un temps fou à le lire ce roman". De plus, ne connaissant pas l'auteur, je ne savais pas trop quoi m'imaginer tant au niveau du style que de l'histoire...Mais finalement, je ressors de cette lecture absolument conquise et je dirais même plus, ce livre, que j'ai dévoré en moins de trois jours, fut un coup de cœur absolu !

Le récit s'articule donc autour de deux personnages : Renée et Marie-Blanche, et alterne leur différentes voix dans la narration des différents chapitres. Si le récit de Renée est chronologique, celui de Marie Blanche l'est beaucoup moins (encore une façon pour l'auteur de nous montrer le parcours chaotique et illogique de ce personnage) avec des retours en arrière qui arrivent souvent au détours des pages et qui nous apportent beaucoup d'indications sur les deux personnages.

Dans ce roman on voyage certes; on découvre beaucoup de paysages, de villes différentes et c'est vrai que c'est très agréable, mais ce qui m'a le plus plu dans Marie-Blanche, ce sont plutôt les rapports humains et le destin de ces deux femmes qui sont liées l'une à l'autre et qui sont incapables de se comprendre. De plus savoir que ce roman, certes romancé, est l'histoire de la mère et de la grand-mère de l'auteur m'a particulièrement ému et lui donne une dimension toute particulière. Pour tout dire, je suis arrivée à la fin de ma lecture avec les larmes aux yeux et une grosse boule d'angoisse coincée dans ma gorge.

Les deux histoires m'ont touché. De plus, même si je ne me suis pas vraiment identifiés aux différents personnages, ils sont très bien travaillés et très captivants. On est tout de suite happé par ces deux femmes et on ne peut s'empêcher de tourner les pages pour savoir ce qu'il va leur arriver. Renée m'a fasciné, être aussi déterminé, forte et intraitable au point de rejeter sa famille quand elle n'est pas à la hauteur de ses espérances m'a vraiment choqué. Marie Blanche m'a ému. Je n'ai pas compris la plupart de ses choix mais son personnage, faible et voué à l'échec presque depuis la naissance ne peut qu'inspirer non pas de la pitié mais beaucoup de compassion. En ce qui concerne les personnage secondaires, tous m'ont plu même si certains sont absolument détestables (je pense notamment à l'oncle de Renée). Ils ont tous leur personnalité propre et leur rôle à jouer dans le récit. Certains m'ont beaucoup ému (notamment le père de Renée) et je pense qu'ils ont vraiment aidé à rendre le récit plus vivant, plus captivant et surtout à rendre les deux personnages principaux plus attachants.

Enfin coup de coeur absolu pour la plume de Jim Fergus que je découvrais avec ce roman. L'auteur a un style léger, travaillé et tellement agréable à lire. Les mots coulaient tout seuls dans ma tête et me berçaient complétement. C'est une grand nouveauté pour moi, je ne crois pas avoir jamais été aussi touché par un style auparavant. En tout cas j'ai véritablement apprécié toute la finesse et la délicatesse du récit et j'ai maintenant hâte de découvrir d'autres romans de cet auteur.

Jim Fergus nous offre un roman bouleversant, dur et marquant porté par une plume magnifique. Marie Blanche est une pure merveille et je vous le recommande chaudement.

Marie Blanche de Jim Fergus
Marie Blanche de Jim Fergus

Marie Blanche de Jim Fergus
Titre VO : Marie Blanche
Historique - Editions Le Cherche-Midi - 606 pages
Où l'acheter :
Marie Blanche

D'autre(s) titre(s) de cet auteur :
Mille femmes blanches

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Rédigé par Evy

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